St Jean de Védas, le 30 novembre 2001
Monsieur Bernard delbos
Commissaire Enquêteur
Monsieur,
L'association Saint Jean Environnement est agrée, dans le cadre communal, au titre
des articles L 121-8 et L 161-1 du code de l'urbanisme et de l'article 40 de la loi du 10 juillet
1976 relative à la protection de la nature ; elle est déclarée à la Préfecture de l'Hérault sous le
n°11592.
A ce titre, nous nous permettons de vous adresser ci-après quelques observations
concernant l'enquête publique relative au « plan des préventions des risques d'inondations de
la basse vallée de la Mosson » intéressant la commune de Saint-Jean-de-Védas où la rivière
Mosson et son affluent, le Rieucoulon, constituent une grande partie des limites
administratives.
1.- La Mosson
II convient de noter que la zone inondable rouge comprise entre les arènes et le rond-
point de l'avenue Georges Clemenceau a subi depuis plus de dix ans des aménagements qui
ont réduit les surfaces d'étalement des eaux de crue, à savoir :
-un terrain de rugby et son club house établis sur un remblai,
-une casse de voitures,
-une surélévation des berges de la Mosson, coté St-Jean-de-Védas,
-un bassin de rétention des eaux pluviales.
Ce bassin de rétention est conçu pour recevoir le pluvial des quartiers Nord de la
commune. Il est situé effectivement en zone rouge et réduit d'autant la possibilité d'étalement
de la rivière. Il n'est pas indiqué sur les plans présentés. Il n'a jamais vraiment joué son rôle,
ceci pour plusieurs raisons :
- il ne comporte pas de dispositif permettant de régler le débit de vidange qui peut être
trop important ;
- il ne possède pas de grille de protection et des corps étrangers viennent obstruer
rapidement l'évacuation ;
- les digues ne sont pas suffisamment étanches et solides, de telle sorte qu'elles ont été
à plusieurs reprises endommagées par la poussée des eaux et laissées en l'état ;
-le canal de vidange qui relie ce bassin à la Mosson constitue une brèche ouverte dans
la berge de la rivière par où l'eau s'engouffre, dès que le niveau de la Mosson s'élève, et vient
inonder le parcours de santé et l'aire de pique-nique voisins. A notre avis, la pose d'un clapet
anti retour au niveau de ce canal aurait pu éviter cet inconvénient.
2.- Le Rieucoulon
Son débit est régulé sur la partie amont par un important bassin de rétention, au niveau
de « Montpellier-Village ».
Son bassin versant s'urbanise considérablement et de gros collecteurs des eaux
pluviales lui sont raccordés.
Son lit est étroit et encombré de végétation et de déchets de toute nature, de telle sorte
que les inondations sont de plus en plus importantes et dévastatrices.
La partie comprise entre la route de Lavérune et le rond-point de Rieucoulon (au
carrefour des N 112 et N 113) est bordée en amont par une zone en cours d'urbanisation et en
aval par une zone viticole qui subit les dommages des fortes crues.
La partie comprise entre le rond-point du Rieucoulon et le pont de chemin de fer, sur
lequel devrait passer le tramway, est urbanisée. On peut y constater des remblaiements de
terrains et la construction anarchique de murs, avec pour conséquence l'inondation épisodique
et importante de certains terrains. On peut également noter que le passage sous ce pont est
relativement étroit, ce qui ne peut que contribuer à la montée du niveau de l'eau en amont,
lors des crues.
En aval du pont de chemin de fer un grand terrain classé en partie en zone rouge est
remblayé sur sa quasi totalité par des dépôts de terre d'une hauteur de 1,50 m.
Dans un projet routier et autoroutier de l'Etat, il est envisagé de faire passer la rocade
Ouest de Montpellier, servant aussi de liaison entre l'A 750 et l'A 700 (l'actuelle autoroute A
9), en bordure du Rieucoulon, dans la portion comprise entre le croisement N 112-N 113 et
l'autoroute, ce qui paraît en contradiction avec les risques sérieux d'inondations dans cette
zone.
Par ailleurs, il est étonnant que la commune de Montpellier, riveraine du Rieucoulon et
concernée aussi par ce projet autoroutier ne soit pas associée à ce P.P.R.L, tout comme la
commune de Lattes, également riveraine mais toutefois moins concernée.
3.- Bassin de rétention des eaux pluviales
Le projet de création d'un tel bassin de rétention en dessous de la Martinière pour
protéger les zones d'activité Devèse de la Condamine, bien qu'il ne puisse recevoir que les
eaux du bassin versant Nord-Est de la commune, constitue, à notre avis, une bonne initiative.
Nous aurions apprécié de trouver dans le dossier d'autres propositions de même nature
afin de réguler l'écoulement des eaux pluviales collectées par les surfaces imperméables de la
commune, comme cela a été recommandé dans le cadre du S.D.A.G.E. (Rhône- Méditerranée-
Corse).
4.- Conclusion
II est à notre avis impératif de ne pas autoriser de constructions dans les zones rouges,
d'être très attentifs dans le cas des zones bleues, et de ne pas permettre de réalisations qui
perturberaient le libre parcours des eaux ou réduiraient ses possibilités d'étalement dans ces
zones. Les bassins versant de la Mosson et du Rieucoulon s'urbanisent, ce qui ne peut
entraîner qu'un accroissement des surfaces étanches. Il serait plus prudent de ne plus prendre
comme base de calcul le débit de la crue centennale, car les paramètres topographiques et
climatologiques ne sont plus les mêmes. Il serait judicieux d'anticiper et de réaliser des
ouvrages ou travaux nécessaires au bon écoulement des eaux pluviales, sans attendre de
constater des dommages importants.
Veuillez agréer. Monsieur le Commissaire, l'expression de notre haute considération.
Pour le Bureau, le Président
Gilles DOUCET